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Charge mentale chez les femmes : quand le cerveau ne s’arrête jamais

La charge mentale chez la femme.

Un concept devenu tristement « populaire ».

On en parle partout désormais. Dans les médias, sur les réseaux sociaux, entre amies, dans les cabinets thérapeutiques. Pourtant, malgré cette visibilité, quelque chose me frappe : la charge mentale reste profondément banalisée.

Comme si vivre avec un cerveau en surchauffe était devenu normal.

Moi, j’ai fini par la lire sur les visages.

Au fil des consultations dans mon cabinet de sophrologie, je la reconnais presque instantanément.

Dans les regards fatigués. Dans les épaules tendues. Dans ces femmes qui s’excusent d’être épuisées alors qu’elles portent déjà beaucoup trop.
Et depuis que je travaille autour de cette problématique, je la vois partout.
Au supermarché. Dans la rue. À l’école. Dans tous les milieux sociaux.

La charge mentale ne concerne pas uniquement les femmes cadres débordées ou les mères de jeunes enfants.

Elle s’infiltre partout où une femme finit par croire qu’elle doit penser à tout, gérer tout, anticiper tout. Beaucoup vivent avec un stress chronique permanent sans même réaliser à quel point leur corps est déjà épuisé.

Dans mon cabinet de sophrologie, j’entends très souvent des femmes me dire :
« Je n’arrive plus à arrêter de penser. »

Et cette phrase résume parfaitement ce qu’est la surcharge mentale.

Le cerveau continue. Tout le temps.

Penser aux rendez-vous. Aux courses. Aux enfants. Au travail. À ce qu’il ne faut pas oublier. À ce qu’il faudra anticiper demain.

Même au repos, le mental ne se repose pas.

Personnellement, j’ai pris une décision importante il y a quelque temps : m’accorder du temps pour moi chaque semaine. Non pas « quand j’aurai fini », mais maintenant. Parce que le burn-out, l’épuisement mental et le stress chronique guettent souvent les femmes qui portent trop longtemps une charge mentale excessive.

Et je mesure aussi ma réalité privilégiée sur certains aspects : je n’ai pas d’enfants et je vis séparément de mon conjoint. Cela me laisse un espace que beaucoup de femmes n’ont pas.

Dans cette volonté de me prioriser un peu plus, j’ai commencé à fréquenter un centre de bien-être une fois par semaine.

La première fois que je m’y suis rendue, j’étais persuadée d’y trouver majoritairement des femmes. Ce vieux cliché était encore bien installé dans mon esprit : le bien-être, c’est « un truc de femmes ».

Quelle surprise.

Des hommes. Presque exclusivement des hommes.

Le choc.

Et puis, avec un peu de recul, une pensée m’a traversée presque brutalement : bien sûr que les femmes ne sont pas là.

Nous étions en pleine semaine, un soir.

À cette heure-là, beaucoup de femmes sont encore en train de gérer la deuxième journée qui commence après le travail :

Les repas.

Le linge.

Les devoirs.

L’organisation du lendemain.

Les enfants.

La maison.

Les rendez-vous à anticiper.

Les rares femmes que je croise parfois dans ce lieu sont souvent plus âgées. Comme si elles n’avaient enfin obtenu le « droit » de prendre soin d’elles qu’une fois les enfants partis, ou suffisamment autonomes.

Et cela m’a profondément interrogée.

Pourquoi tant de femmes attendent-elles toujours plus tard pour elles-mêmes ?

« Je prendrai du temps pour moi quand les enfants seront couchés. »
« Quand ils seront plus grands. »
« Quand ça ira mieux au travail. »
« Quand les finances seront moins compliquées. »
« Quand tout sera enfin sous contrôle. »

Mais cette liste ne s’arrête jamais.

C’est une course sans ligne d’arrivée.

Et au fond, c’est peut-être cela, la charge mentale chez les femmes : cette sensation permanente qu’il reste toujours quelque chose à faire avant d’avoir le droit de souffler.

Comme si le repos devait se mériter.

Comme si le plaisir arrivait forcément après les obligations.

Comme si prendre soin de soi était secondaire, voire égoïste.

Mais peut-on réellement « tout » faire ? Ou est-ce une illusion de contrôle dans laquelle beaucoup de femmes s’épuisent silencieusement ?

Parce que la vérité, c’est que les tâches ne disparaissent jamais complètement.

La maison ne sera jamais parfaitement rangée très longtemps.
Les responsabilités reviendront demain.
Les besoins des autres continueront d’exister.

Alors si le repos dépend du moment où « tout sera terminé », il risque de ne jamais arriver.

Et le corps, lui, finit souvent par présenter la facture.

Fatigue émotionnelle.

Stress chronique.

Troubles du sommeil.

Charge émotionnelle permanente.

Irritabilité.

Impression de ne plus avoir d’espace mental.

Sensation d’être absente à soi-même.

Certaines femmes vivent avec une fatigue émotionnelle permanente sans même réaliser qu’elles sont déjà en état de surcharge mentale.

Certaines me disent aussi :
« Je n’ai plus d’énergie pour moi. »
Ou encore :
« Je ne sais même plus ce que j’aime. »
Et ces phrases me bouleversent toujours.

Parce qu’à force de penser à tout le monde, certaines femmes finissent par disparaître d’elles-mêmes.

La sophrologie, dans ce contexte, n’est pas une solution miracle qui efface les responsabilités du quotidien. Mais elle peut devenir un espace précieux pour retrouver un peu d’air.

Dans mon cabinet de sophrologie, j’accompagne justement des femmes stressées et épuisées qui ressentent ce besoin de ralentir sans savoir comment y parvenir seules.

La sophrologie aide progressivement à relâcher la pression mentale et physique. Elle permet de revenir au corps, à la respiration, aux sensations. De retrouver un espace intérieur plus calme dans un quotidien qui demande souvent d’être partout à la fois.

Un moment où le corps relâche enfin.
Un moment où le cerveau ralentit.
Un moment où l’on réapprend progressivement à exister autrement qu’à travers ce qu’il faut gérer.

Peut-être que vous vous êtes habituée à vivre avec ce bruit mental permanent.
Peut-être que vous pensez encore que vous tiendrez « un peu plus longtemps ».

Mais vous n’avez pas besoin d’attendre d’être complètement épuisée pour commencer à prendre soin de vous.

Et parfois, cela commence simplement par une question :

Et moi, dans tout ça ?

Pour aller plus loin autour de la charge mentale et de l’épuisement féminin

Si ce sujet résonne en vous, certains livres et podcasts peuvent déjà aider à mettre des mots sur ce que beaucoup de femmes vivent en silence. Parfois, comprendre ce qui se joue intérieurement est une première étape importante.

Les livres

Je recommande souvent Libérées ! de Titiou Lecoq, qui aborde avec beaucoup de justesse la répartition invisible des charges dans le quotidien des femmes. Une lecture qui fait souvent l’effet d’un déclic.

Le couple et l’argent de Titiou Lecoq permet aussi de comprendre comment certaines inégalités invisibles finissent par peser mentalement et émotionnellement sur les femmes au quotidien.

J’ai également beaucoup apprécié Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés. Un livre profondément introspectif sur la reconnexion à soi, à son intuition et à ses besoins.

Ou encore Enfin Seule de Lauren Bastide, éclairage précieux sur l’enfin solitude et ses effets libérateurs !

Les podcsats

Le podcast Métamorphose de Anne Ghesquière aborde souvent les thèmes du stress, de l’épuisement émotionnel et de la place des femmes avec beaucoup de douceur.

J’aime aussi recommander certains épisodes du podcast La Matrescence de Clémentine Sarlat, notamment autour de la charge mentale, du burn-out parental et de la pression invisible qui pèse sur beaucoup de mères.

Et de nombreux autres podcasts « féministes » :

  • Un podcast à soi est probablement l’un des formats les plus profonds sur les questions féministes contemporaines. Très documentaire, très sensible, souvent bouleversant. Beaucoup de personnes le recommandent pour la qualité de ses analyses sur le travail invisible, les violences, les normes sociales ou la maternité.
  • La Poudre, créé par Lauren Bastide. Ce podcast a profondément marqué le paysage féministe francophone avec des conversations longues, sensibles et très intelligentes avec des femmes artistes, autrices, chercheuses ou militantes.
  • Dans une approche plus sociologique et tournée vers les masculinités, Les Couilles sur la table est devenu une référence absolue. Victoire Tuaillon y déconstruit les rapports de genre avec énormément de pédagogie. C’est probablement l’un des podcasts les plus utiles pour comprendre les mécanismes invisibles qui nourrissent la charge mentale et l’épuisement féminin. Les communautés féministes le citent constamment comme une référence majeure.
  • Toujours par Victoire Tuaillon, Le Cœur sur la table explore les relations amoureuses, les injonctions émotionnelles et les dynamiques affectives modernes. Extrêmement pertinent pour les femmes qui portent toute la charge émotionnelle dans le couple.

Et parfois, simplement entendre d’autres femmes mettre des mots sur ce que l’on ressent permet déjà de se sentir moins seule.

Et surtout...

Lire, écouter, comprendre est précieux.
Mais cela ne remplace pas l’espace que l’on s’accorde réellement pour souffler.

Parce qu’on ne guérit pas l’épuisement uniquement en devenant experte de sa fatigue.

Parfois, il faut aussi apprendre à ralentir. À respirer. À revenir à soi.

Sophrologue à distance

Je suis sophrologue et professeure de yoga à Fleurieu-sur-Saône.
J’accompagne les femmes qui sentent qu’elles ne peuvent plus continuer ainsi : fatigue profonde, tensions, mental trop plein, envie de ralentir… mais sans savoir par où commencer.

Avec douceur et écoute, je t’aide à redescendre dans ton corps, à remettre du souffle, à retrouver ton rythme, à refaire de la place pour toi.

 

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